Estas Tonne & Reka Fodor @ VDU Kaunas 2014 [HD] Part II — FLOW ART STATION

 

On 2014 tour Estas Tonne visit Lithuania yet again. This time Reko Fodor joined him on this musical adventure. The City’s of Vilnius & Kaunas has a chance to see the Concert of two Beautiful Souls.

via Estas Tonne & Reka Fodor @ VDU Kaunas 2014 [HD] Part II — FLOW ART STATION

C’EST GENIAL !!!

Un BLOG magnifique

Merci, FLOW ART STATION

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Mal à droit !

« Parlez-moi de vous »…

  Cette question peut paraître très simple et pourtant… 

« Il est sain de faire parler un muet ou de délivrer un prisonnier, mais l’écrivain sort de soi par l’écriture. »
                                                               Jean Grosjean

 L’écrivain parle de lui pour parler de tous, autrement dit pour explorer l’humain. L’écrivain régulièrement dans ses œuvres se livre à une forme de confidence, il raconte ce qu’il ressent. Il explore les traumatismes et les moments de bonheur de son passé et livre ses sentiments…

L’écriture témoigne toujours d’une exposition de soi. Un écrivain se raconte toujours quelque peu dans son récit, Fut-il romanesque. Néanmoins, il se protège toujours également en présentant son identité comme déformée par le prisme de l’onirisme littéraire et comme dissimulée par le jeu des personnages dont les psychologies empruntent leurs sèves à l’humus de l’auteur.  

Vous parlez ?
 
Vous parlez ? Non. Je ne peux pas.
Je préfère souffrir comme une plante,
Comme l’oiseau qui ne dit rien sur le tilleul.
Ils attendent. C’est bien. Puisqu’ils ne sont pas las
D’attendre, j’attendrai, de cette même attente.
 
Ils souffrent seuls. On doit apprendre à souffrir seul.
Je ne veux pas d’indifférents prêts à sourire
Ni d’amis gémissants. Que nul ne vienne.
 
La plante ne dit rien. L’oiseau se tait. Que dire ?
Cette douleur est seule au monde, quoi qu’on veuille.
Elle n’est pas celle des autres, c’est la mienne.
Un feuille a son mal qu’ignore l’autre feuille.
Et le mal de l’oiseau, l’autre oiseau n’en sait rien.
 
On ne sait pas. On ne sait pas. Qui se ressemble ?
Et se ressemblât-on, qu’importe. Il me convient
De n’entendre ce soir nulle parole vaine.
J’attends – comme le font derrière la fenêtre
 
Le vieil arbre sans geste et le pinson muet…
Une goutte d’eau pure, un peu de vent, qui sait ?
Qu’attendent-ils ? Nous l’attendrons ensemble.
Le soleil leur a dit qu’il reviendrait, peut-être…
 
Sabine Sicaud,

L’art d’Aimer Acte II

J’ai évoqué précédemment, « L’art d’aimer » de Erich Fromm, qui je dois bien le dire , m’a conforté dans mon résonnement intérieur…

Il y’a bien cinq ans déjà, je prenais le temps d’étudier les travaux d’une étudiante en UFR de lettres arts et sciences humaines. Cette jeune personne préparait sa thèse, elle faisait apparaître les divers effets que pouvait avoir « un » ou des « évènements tragiques » sur la vie d’une personne adulte. (je reviendrai dessus plus tard…)

Elle expliquait les répercutions du suicide de la mère de Jacob sur le comportement de son richissime père. C’était un homme égoïste, cultivé mais qui manquait cruellement d’intelligence.

Voici ce qu’elle fait ressortir et ce qu’elle dit après l’étude du cas présent ( Elle cite Fromm pour une entrée en matière, soit les début d’une introduction équivalente à une trentaine de pages).

« La première démarche qui s’impose est de prendre conscience que l’amour est un art », tout comme vivre est un art; si nous voulons apprendre comment aimer, nous devons procéder de la même manière que pour apprendre  n’importe quel autre art, à savoir la musique, la peinture, la charpenterie, ou l’art de la médecine ou de la mécanique.

Elle finit par revenir sur l’apprentissage  de tout art et les étapes nécessaires à observer.

« On peut par commodité distinguer deux parties dans le processus d’apprentissage d’un art: la maîtrise de la théorie et la maitrise de la pratique, jusque là vous me direz, nous ne sommes pas étonnés. »

Si je désire apprendre l’art de la médecine, il me faut d’abord connaître les faits touchant au corps humain et aux diverses maladies. Lorsque j’ai acquis cet ensemble de connaissances théoriques, je ne suis encore compétent en aucune façon dans l’art de la médecine.

Je ne deviendrai un maître dans cet art qu’après une longue pratique, jusqu’à ce que finalement les résultats de ma connaissance théorique et les résultats de ma pratique fusionnent en un tout – mon intuition, essence de la maîtrise de tout art. Mais, outre l’apprentissage de la théorie et de la pratique, il y a un troisième facteur nécessaire pour devenir un maître dans quelque art que ce soit – la maîtrise de l’art doit être l’objet d’une préoccupation ultime; il importe que rien au monde n’ait plus important que l’art.

Ceci vaut pour la musique, la médecine, la charpenterie – et pour l’amour. Et, peut-être, trouvons-nous ici la réponse a la question de savoir pourquoi les membres de notre culture essaient si rarement d’apprendre cet art, en dépit de leurs échecs manifestes: c’est que, malgré un insatiable appétit d’amour, profondément enraciné, presque tout le reste passe pour plus important: le succès, le prestige, l’argent, le pouvoir – nous consacrons la presque totalité de notre énergie à apprendre comment atteindre ces objectifs, et nous n’en réservons quasi pas à apprendre l’art d’aimer.

Serait-ce que les seules choses considérées comme valant la peine d’être apprises sont celles qui permettent de gagner de l’argent ou du prestige, tandis que l’amour, qui profite « seulement » à l’âme, mais n’est d’aucun profit au sens moderne, serait un luxe auquel nous n’avons pas le droit de consacrer beaucoup d’énergie ?

Je vous laisse avec vos pensées et vos conclusions…

Revenons un instant sur Jacob et son père…Depuis la mort de sa femme en 2015, Pierre-Yves a trouvé l’amour de son fils, il a vendu sa société pour 80 millions d’euros, il a fait un don de 30 millions d’euros aux oeuvres de charités, 15 millions d’euros aux ONG en Afrique. Il vient de terminer un tour du monde avec Jacob, il a monté sa propre ONG afin d’aider les femmes au Sahel…

« Moralité de cette histoire, faut-il attendre un événement tragique pour comprendre combien l’amour est un art  ? Un art pourtant simple, croyez-moi, si celui-ci est artistique, il ne vous coûtera pas grand chose ! » 

                                                                  AnTony’M

Prenez le temps de dire les « mots » quand les gens sont encore avec vous…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sunday night !

“De la Joie Pure jaillit toute création. Par la Joie elle est soutenue, vers la Joie elle se dirige et à la Joie elle retourne.”

                             “L’énergie est la joie éternelle.”

                                                                   William Blake                

Vision d’un Monde Meilleur…

« L’affirmation d’une littérature passe par la capacité d’accueillir l’autre, de créer le dialogue… C’est la capacité à accepter la métamorphose de l’écriture ainsi que provoquer par l’engagement artistique pour permettre aux futures générations, d’aborder ce siècle avec un regard optimiste « …

                                                                          AnTony’M

Belle Soirée

Le soir tombe sur la côte américaine
Pas un poisson pas un oiseau
Une chaîne continue de montagnes uniformes toutes
recouvertes d’une végétation luxuriante
La mer est unie
Le ciel aussi
Je pense aux deux amis que je me suis fait à bord et qui
viennent de me quitter à
Rio
M. Lopart agent de change à
Bruxelles gentil charmant
qui me tenait tête à table ou le soir au fumoir devant
une bouteille de whisky
Et
Boubou-blanc-blanc-boubou la meilleure des copines
avec qui je nageais des heures dans la piscine matin et soir
A nous trois nous faisions un groupe très gai qui pleurait aux larmes à force de rire
Nous avons embêté tout le monde à bord scandalisé les fonctionnaires et militaires (supérieurs) en mission
Je n’ai jamais autant ri depuis dix ans et ri durant vingt jours j’étais malade de rire et ai augmenté de six kilos
Au revoir mes bons amis à bientôt nous nous retrouverons à bord en rentrant en
France ou un autre jour à
Paris ou à
Bruxelles ou ailleurs dans un train qui franchira les
Andes ou à bord de l’Emperess qui cinglera vers l’Australie nous aurons toujours le même barman car le monde est bien petit pour d’aussi gais compagnons.

A bientôt, à bientôt

 Blaise Cendrars

 

 

Etre ou l’Hôte !

L’empathie est le cheval de bataille par excellence de la communication et de tous les métiers d’écoute, depuis le psy jusqu’au manager en passant par le commercial etc… 

Quand celle-ci est clairement définie comme l’art d’écouter l’autre pour se mettre à sa place tout en restant soi-même… c’est peut être moindre mal. Mais quand on remarque en plus que le mot empathie signifie étymologiquement  « sentir à la place de l’autre »… la confusion est très risquée.

Nous ne pouvons jamais nous mettre à la place de l’autre… même quand nous avons vécu des situations similaires aux siennes,  nous ne sommes pas lui. Il perçoit l’évènement à travers le prisme de l’histoire de vie qui est la sienne et il ne peut percevoir la même chose que nous,  car notre histoire de vie à nous, est forcément différente. L’art de la communication, c’est l’art de l’acuité qui permet de voir et accueillir cette différence de perception.

Se mettre à la place de l’autre revient seulement à contempler son propre imaginaire... c’est le meilleur moyen de ne pas voir l’autre et de n’être que relationnel. Même avec de bonnes intentions nous sommes alors distants. Nous ne faisons ainsi que gérer ce que nous imaginons et non ce que vit et ressent notre interlocuteur. J’appellerai cela du narcissisme relationnel.

Et pourtant! Si nous avons vécu la « même chose que l’autre », ne sommes-nous pas alors en droit de penser que nous pouvons le comprendre? Et bien non! Une même circonstance ne produit pas exactement les mêmes ressentis chez tout le monde. Par contre, l’avantage, est que nous réalisons mieux que l’autre vit quelque chose d’important. Cela nous permet d’être interpellé même quand nous ne sommes que relationnels. 

La limite de cet avantage est que nous ne sommes malgré tout que dans l’illusion de vraiment comprendre ce qu’il vit, pense ou ressent… Se mettre à la place ne renseigne pas sur la réalité de ce que vit ou perçoit l’autre car « similaire » ne veut en aucun cas dire « identique »! Il faut retenir que nous percevons la vie selon notre histoire personnelle (récente ou ancienne) et non seulement à travers ce que sont les évènements. 

Les points de vue ne sont pas interchangeables. Ce qui empêche la communication est surtout la croyance en une réalité commune à tous. Tout en donnant l’impression de nous rapprocher les uns des autres, cette illusion de pensée commune nous éloigne de nos interlocuteurs et nous plonge dans l’inefficacité relationnelle.

Être distinct pour ne pas être distant

Tous les problèmes de vulnérabilité dans l’écoute viennent du fait que nous avons quelques difficultés à être distincts. Quand nous croyons nous rapprocher de l’autre souvent nous ne faisons que nous mettre à sa place. Peut-être allons-nous alors le conseiller, le plaindre, penser ou décider pour lui. Cela conduit à des ingérences maladroites et même parfois désastreuses pour tous.

D’où vient cette difficulté à être distinct ? Probablement de notre peur de la solitude. Probablement aussi du fait que la vie est une succession de fusions et d’individualisations  qui sont restées en chantier : d’avec notre mère lors de notre naissance puis vers 5-7 ans, d’avec notre famille lors de notre adolescence, d’avec notre conjoint vers la quarantaine, d’avec le travail vers la soixantaine etc… Nous peinons quelque peu à mieux devenir soi afin de mieux rencontrer l’autre. Nous compensons ce manque d’affirmation de soi par l’ego, la personnalité… et l’empathie!

Même dans le couple, on ne rencontre vraiment son conjoint qu’une fois sortie de la nécessaire phase de fusion initiale. Quand cette rencontre lucide de la différence se passe bien, on peu enfin parler d’amour. 

L’amour c’est être ouvert à l’autre (communication) alors que la passion c’est avoir besoin de l’autre (relation). Avoir besoin de l’autre semble être une faiblesse ? C’est pourtant un judicieux moyen pour se libérer de l’ego et pour accroître son humilité. 

Vu notre faible capacité à accueillir la différence d’autrui, avoir besoin des autres nous préserve de trop d’égoïsme! 

La peur de la solitude nous pousse aussi beaucoup vers les autres. Mais, habités par une sorte de besoin de clan où tout le monde serait « pareil » (car ça sécurise), leur différence nous dérange. Cette différence de l’autre nous renvoie à notre sentiment de solitude  que justement nous essayons de fuir. 

Pour préserver cette sécurité  nous ne faisons alors que les imaginer en niant leurs différences. C’est certainement cette crainte viscérale de la solitude qui nous conduit à penser comme les autres ou à tenter de les faire penser comme nous. 

Mais c’est un piège car dans ce cas plus personne n’existe! Nous ne sommes alors que dans une illusion de non solitude. Celle-ci nous perturbe  insidieusement (même en étant entouré de monde) car nous ne vivons plus alors que dans un imaginaire rempli de clones. 

L’Autre

Au souvenir adorable de ce qui jamais fut la vie
Sous sa paupière de mythes quelqu’un
Avait l’enfance d’un jouet de lumière
Quand trop d’humain l’eut piétiné
Dans le cœur jour à jour Sali
Par son double de violence
Quand trop d’humain l’eut piétiné
Il se remit à respirer comme il l’avait cru impossible
En trébuchant sur le chaos
Des sueurs d’angoisse et des voix
L’air lui emplissait la poitrine d’une musique de couleurs
Et son cœur silencieux choisit de les aimer
Sous l’humiliation obscure de ce qui jamais fut la vie.

Annie Salager

 

Déclinaisons…

“Il faut laisser aux gens qu’on aime le droit de disparaître.”

                                  Véronique Ovaldé

La solitude de l’écrivain est un des thèmes récurrents des essais consacrés à la littérature, de même qu’il constitue la trame réflexive de nombreux auteurs. Mais le problème qui se pose d’emblée est celui de savoir s’il existe une singularité de la solitude de l’écrivain ou bien si cette dernière n’est qu’une des déclinaisons particulières de cet état  commun qui étreint souvent les êtres au cours de leurs vies.

 » Un homme solitaire, dans la gloire d’être seul, croit pouvoir dire ce qu’est la solitude. Mais à chacun sa solitude. Et le rêveur de solitude ne peut nous donner que quelques pages de cet album du clair obscur des solitudes. Pour moi, tout à la communion avec les images qui me sont offertes par les poètes, tout à la communion de la solitude des autres, je me fais seul avec les solitudes des autres.
Je me sens seul, profondément seul, avec la solitude d’un autre » 

Christian Bobin – ce magnifique écrivain contemporain à l’œuvre si originale -, déclarait lors d’une interview à « Psychologies.com », en Juillet 2009 :

« Curieusement, ce sont quelques personnes, quelques rencontres, qui m’ont donné la solitude. C’est un don, qui m’a été fait. Vivre dans la solitude est un luxe, vivre dans le silence est un luxe. Je suis relié d’une façon qui serait difficile à exprimer. Une façon d’où viennent sans doute les livres, l’écriture. Oui… là, il y a sans doute un état paradoxal de la solitude telle que je peux l’éprouver. »

La Solitude

Charles BAUDELAIRE
Recueil : « Le Spleen de Paris »

Un gazetier philanthrope me dit que la solitude est mauvaise pour l’homme ; et à l’appui de sa thèse, il cite, comme tous les incrédules, des paroles des Pères de l’Église.

Je sais que le Démon fréquente volontiers les lieux arides, et que l’Esprit de meurtre et de lubricité s’enflamme merveilleusement dans les solitudes. Mais il serait possible que cette solitude ne fût dangereuse que pour l’âme oisive et divagante qui la peuple de ses passions et de ses chimères.

Il est certain qu’un bavard, dont le suprême plaisir consiste à parler du haut d’une chaire ou d’une tribune, risquerait fort de devenir fou furieux dans l’île de Robinson. Je n’exige pas de mon gazetier les courageuses vertus de Crusoé, mais je demande qu’il ne décrète pas d’accusation les amoureux de la solitude et du mystère.

Il y a dans nos races jacassières des individus qui accepteraient avec moins de répugnance le supplice suprême, s’il leur était permis de faire du haut de l’échafaud une copieuse harangue, sans craindre que les tambours de Santerre ne leur coupassent intempestivement la parole.

Je ne les plains pas, parce que je devine que leurs effusions oratoires leur procurent des voluptés égales à celles que d’autres tirent du silence et du recueillement ; mais je les méprise.

Je désire surtout que mon maudit gazetier me laisse m’amuser à ma guise. « Vous n’éprouvez donc jamais, — me dit-il, avec un ton de nez très-apostolique, — le besoin de partager vos jouissances ? » Voyez-vous le subtil envieux ! Il sait que je dédaigne les siennes, et il vient s’insinuer dans les miennes, le hideux trouble-fête !

« Ce grand malheur de ne pouvoir être seul !….. » dit quelque part La Bruyère, comme pour faire honte à tous ceux qui courent s’oublier dans la foule, craignant sans doute de ne pouvoir se supporter eux-mêmes.

« Presque tous nos malheurs nous viennent de n’avoir pas su rester dans notre chambre, » dit un autre sage, Pascal, je crois, rappelant ainsi dans la cellule du recueillement tous ces affolés qui cherchent le bonheur dans le mouvement et dans une prostitution que je pourrais appeler fraternitaire, si je voulais parler la belle langue de mon siècle.